[Liste-ftte] Agriculture contre gaz de schiste: la nouvelle guerre de l’eau?

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Dim 26 Aou 11:58:23 CEST 2012




 Agriculture contre gaz de schiste: la nouvelle guerre de l’eau?  	Le 24 août 2012 par Geneviève De Lacour 		 		  		  									Eau,												Eau potable,												Energie,												Production d'énergie								
  	 																					 				 				
 				L'eau arrive par camion. Elle est parfois captée à des milliers de kilomètres.

 			
 				 							 						
 	La sécheresse qui sévit depuis de longues semaines inquiète  fermiers du Midwest et compagnies pétrolières. L’extraction des gaz de  schiste par fracturation hydraulique nécessite en effet d’énormes  quantités d’eau, qui tend à manquer. Cette pénurie fait apparaître un  nouveau conflit d’usage. Va-t-on assister à une guerre de l’eau entre  agriculteurs et foreurs?
  						 		 		 				 	Une sécheresse exceptionnelle s’est abattue sur les Etats-Unis en juin  dernier. Actuellement, 64% des 48 Etats des Etats-Unis connaissent des  conditions «modérées à fortes» de sécheresse. Le Midwest, le grenier à  blé du pays, souffre tout particulièrement. Les fermiers s’inquiètent  pour leurs récoltes et leur bétail. Et les prix des céréales s’envolent.
  	Le gouverneur du Missouri a récemment décidé d’allouer 25 millions de  dollars (20 millions d’euros) d’aide aux agriculteurs. Mais aux  Etats-Unis, plus de 13 millions de foyers consomment directement l’eau  du puits. Pour continuer à les exploiter, leur propriétaire n’ont que  deux solutions en attendant la pluie: les approfondir ou forer de  nouveaux puits. Dans les deux cas, c’est à eux de mettre la main à la  pioche ou au portefeuille.
  	Cet épisode climatique exceptionnel frappe aussi l’industrie  pétrolière, et plus particulièrement la production de gaz de schiste. La  fracturation hydraulique nécessite en effet d’énormes quantités d’eau:  un volume équivalent à celui de 18 piscines olympiques est nécessaire  pour réaliser le moindre forage multiple. Un dispositif de ce type  consomme entre 54.000 et 174.000 mètres cubes d’eau et 1.000 à 3.500  tonnes d’additifs chimiques. Entre 9% et 35% de ces fluides sont  récupérés.
  	Les autorités de Pennsylvanie, où se situe la célèbre formation  géologique de Marcellus, l’un des plus importants gisements de gaz de  schiste du pays, ont récemment décidé d’interdire aux compagnies  pétrolières tout pompage d’eau dans certaines rivières de la région. Au  Texas, mais également dans le nord du Dakota et au Montana, les  pétroliers ont de plus en plus de difficultés à s’approvisionner en eau.
  	La commission de bassin de la rivière Susquehanna (SRBC), en  Pennsylvanie, a ainsi suspendu le 16 juillet dernier tous les permis de  pompage accordés pour les affluents de la rivière. La mesure concerne  également les foreurs de gaz de schiste qui dépendent de 64 points de  prélèvements dans l’Etat de Pennsylvanie. Cette décision affecte  directement une soixantaine de sociétés de forage.
  	Au Kansas, les industriels se fournissent principalement en eau auprès  des agriculteurs. Mais avec la canicule, ces derniers ont plus que  doublé le prix du baril d’eau (il est passé de 0,35 $ à 0,75 $ -0,28 à  0,60€). Conséquence: 10 à 12% des forages d’extraction de gaz de schiste  que la société pétrolière Breitling envisageait d’implanter ont été  arrêtés. Neal Dingmann, un spécialiste de Houston qui conseille les  petites et moyennes entreprises de forage estime à 5% la réduction du  nombre de nouveaux puits implantés cette année. En cause, la sécheresse  bien sûr.
  	Dans cette course à l’or bleu, les pétroliers ne sont pas en reste. Selon le journal Le Monde,  au Colorado, les agriculteurs ont été devancés par les sociétés de  forage lors des ventes aux enchères des ressources hydrauliques. La  pratique est courante dans beaucoup d'Etats. «Elles ont beaucoup plus d'argent et nous concurrencent sur le marché»,  se plaint Bill Midcap, du syndicat agricole des Rocheuses (Rocky  Mountain Farmers Union), qui inclut aussi le Wyoming et le  Nouveau-Mexique.
  	Au Texas, qui souffre de la sécheresse depuis un an, certaines  municipalités ont interdit l'utilisation de l'eau dans l'exploitation du  pétrole de schiste. D'autres villes ont prohibé son transport.
  	D’autres sociétés de forage ont recours à des solutions plus extrêmes:  acheminer l'eau d'autres Etats par camion (d'aussi loin que la  Pennsylvanie), ou creuser leurs propres puits. Dans le cas du pétrole de  schiste, c'est une opération encore rentable –le prix du baril dépasse  les 90 $ (72 €)–, mais ce n'est pas le cas du gaz dont les cours ont  chuté de 70% en 4 ans, sur les marchés américains.
  	L’absence de pluie pourrait, à terme, menacer le boom énergétique  américain. Sale temps pour le candidat républicain qui a misé tout son  programme énergétique sur le développement des hydrocarbures [JDLE].
  			 				 			 
   	
 
 
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